Statistiques ethniques, une querelle bien française-

18,00 

Michèle Tribalat

Envoi soigné et Expédié en 48h (jours ouvrables)
Edition L’artilleur
14,0 x 22,0 x 3,0 cm
368 pages
Dépot légal :2016
Très Bon état

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Description

Plongez au cœur d’un tabou français majeur avec cette enquête rigoureuse de Michèle Tribalat sur les dessous de la mesure de l’immigration.

Sommaire

Une analyse historique des fichiers et de la CNIL

D’abord, Michèle Tribalat explore les racines profondes du débat sur les statistiques ethniques en France dans cet ouvrage. En effet, l’auteure retrace le traumatisme de la Seconde Guerre mondiale et la création de la CNIL. Justement, elle analyse avec précision l’affaire du fichier Safari et son impact sur la conscience collective nationale. De plus, ce livre déconstruit les mythes entourant René Carmille et son rôle sous l’Occupation. Ainsi, ce volet historique explique pourquoi la France conserve sa méfiance envers le fichage des origines. Précisément, l’étude met en lumière l’ambivalence constante des institutions comme l’Insee face à leur héritage. En somme, cette perspective historique éclaire parfaitement les blocages administratifs actuels.

Le cadre juridique et les obstacles à la recherche scientifique

D’une part, le récit détaille les contraintes qu’impose la loi Informatique et Libertés de 1978. Précisément, Michèle Tribalat examine les évolutions législatives de 2004 et le rôle du Conseil constitutionnel. Alors, elle montre comment l’interdiction des données sensibles freine parfois la compréhension des réalités sociales. Ensuite, l’auteure démontre que la catégorie statistique des étrangers ne suffit plus pour analyser l’immigration. Aussi, le livre réclame une utilisation plus transparente des variables liées aux origines géographiques. Parallèlement, les lecteurs découvrent les coulisses de l’enquête Mobilité géographique et insertion sociale. Effectivement, ce témoignage révèle les négociations complexes entre les chercheurs et les autorités de contrôle. Bref, le cadre légal entrave la mesure objective de la diversité.

Les tensions idéologiques au sein des institutions démographiques

D’autre part, l’ouvrage relate avec force les crises internes qui secouent l’Ined à la fin des années 1990. Concrètement, Michèle Tribalat dénonce les conflits d’idées et les manœuvres politiques au sein de la communauté scientifique. Puis, elle combat les visions de certains démographes et pointe du doigt les dérives médiatiques du débat. Justement, le livre expose les querelles d’indices qui paralysent parfois la recherche française. De fait, l’auteure aborde la question des discriminations et les recommandations des différents rapports gouvernementaux. Assurément, cet essai critique sévèrement l’exception française en matière de mesure de la diversité. En conclusion, ce texte propose une réflexion salutaire sur la nécessité d’outils statistiques fiables et objectifs.

Caractéristiques

  • Titre : Statistiques ethniques, une querelle bien française

  • Auteur : Michèle Tribalat

  • Format : Broché

  • Nombre de pages : 368 pages

  • Éditeur : L’artilleur

  • Date de parution : 24 février 2016

  • ISBN-13 : 9782810006892

Michèle Tribalat

Envoi soigné et Déposé en 48h (jours ouvrables) Edition L’Xartilleur 14,0 x 22,0 x 3,0 cm 368 pages Dépot légal:2016 Très Bon état

Résumé

Les origines historiques et le poids du passé colonial

D’abord, les traumatismes de la Seconde Guerre mondiale enracinent le débat français sur l’ethnie. En effet, Michèle Tribalat rappelle la création de la Cnil après le scandale du fichier Safari. Justement, l’ombre de René Carmille plane encore sur les institutions statistiques actuelles. Aussi, de vieilles accusations reprochent à cet homme d’avoir facilité la déportation des juifs. Pourtant, l’auteure démontre que Carmille a plutôt cherché à saboter ces listes policières. Ainsi, cette période trouble laisse une trace indélébile dans la mémoire administrative française. Alors, cet héritage explique la méfiance viscérale envers tout fichage basé sur la race. De plus, ces événements marquent la fracture entre la statistique ancienne et moderne. En somme, l’Insee maintient une position ambivalente vis-à-vis de cette histoire complexe.

Le cadre législatif et les limites de la surveillance

D’une part, la loi Informatique et libertés de 1978 encadre strictement la collecte des données sensibles. Précisément, Michèle Tribalat analyse les interdits posés par le législateur sur les variables ethniques. Cependant, la loi de 2004 assouplit la surveillance de la statistique publique. Ensuite, la Cnil protège les libertés individuelles des citoyens comme un véritable gendarme. Parallèlement, le Conseil constitutionnel interdit lui aussi le traitement de ces données. Alors, cette surveillance rigoureuse limite parfois la portée des études démographiques nationales. D’ailleurs, l’auteure explique comment ces règles influencent la perception de l’immigration. De fait, les autorités de contrôle accordent rarement des exceptions juridiques. Bref, ce verrouillage légal nourrit une querelle constante entre chercheurs et juristes.

Les défis scientifiques de la mesure de l’immigration

D’autre part, l’auteure qualifie la catégorie statistique des étrangers de trompeuse. Concrètement, elle milite pour une meilleure prise en compte des immigrés et de leurs descendants. Pourtant, l’inertie de l’Insee freine souvent la mise en œuvre de ces nouvelles catégories. Justement, Tribalat déplore les réticences institutionnelles face à l’étude des origines réelles. Effectivement, les chercheurs mesurent péniblement le nombre de personnes nées en France d’origine étrangère. Notamment, l’enquête Mobilité géographique et insertion sociale révèle de nombreuses obstructions administratives. Dès lors, ce parcours du combattant scientifique ralentit la compréhension des dynamiques d’intégration. Aussi, la presse diffuse souvent les résultats de ces enquêtes de manière chaotique. En conclusion, les scientifiques négocient chaque variable pour obtenir des données exploitables.

Conflits idéologiques et crises au sein de l’Ined

Pour finir, l’ouvrage relate les violentes crises internes qui secouent l’Ined. Spécifiquement, Michèle Tribalat dénonce les manœuvres de certains confrères comme Hervé Le Bras. En effet, ce dernier utilise des arguments politiques pour disqualifier les travaux ethniques. Alors, une véritable guerre des indices éclate au sein de la communauté scientifique. De surcroît, des accusations de pétainisme imaginaire polluent les débats académiques durant des décennies. Soudain, cette querelle interne manque de provoquer la suppression pure et simple de l’Ined. Par ailleurs, les syndicats de l’Insee participent activement à ces polémiques médiatiques intenses. Heureusement, la lutte contre les discriminations relance l’intérêt pour ces statistiques dans les années 2000. Globalement, le rapport Veil conseille toutefois de ne pas modifier la Constitution française.

Table des matières

INTRODUCTION… 15

CHAPITRE 1 — Débats qui ont entouré la création de la Cnil — Du fichier Safari… au fichier juif… 21

Du scandale du fichier Safari à la création de la Cnil… 22

Une légende entretenue : l’implication de René Carmille et du SNS dans la déportation des juifs… 25

René Carmille devient le patron de la statistique française pendant l’Occupation… 28

Codification raciale dans le NIR ?… 32

La question des juifs dans le recensement AP et le fichier juif en zone sud… 35

L’affaire du fichier juif découvert par Serge Kalrsfeld… 39

Comment René Carmille réussit à stériliser le fichier policier sur les juifs en zone sud… 42

Rapport Azéma Lévy-Bruhl Touchelay… 46

La statistique française sous l’Occupation, seule administration résistante connue… 51

Ambivalence de l’Insee vis-à-vis de son héritage… 52

Une fracture SGF/SNS durable… 58

CHAPITRE 2 — Que dit la loi Informatique et libertés ?… 63

Loi de 1978 : interdits et exceptions, la statistique publique sous surveillance… 63

Avec la loi de 2004, moins de méfiance vis-à-vis de la statistique publique… 69

La Cnil… 75

L’interdit posé par le Conseil constitutionnel… 79

CHAPITRE 3 — Arguments scientifiques en faveur des statistiques sur les origines ethniques… 85

Population étrangère : une catégorie statistique trompeuse… 86

Une mise en œuvre laborieuse de la catégorie « immigrés »… 92

Une mise en œuvre encore plus laborieuse de la catégorie des nés en France d’origine étrangère… 100

Les appréhensions de l’Insee… 101

CHAPITRE 4 — Travaux pratiques : l’enquête Mobilité géographique et insertion sociale (MGIS)… 109

Réticences, atermoiements et obstructions de l’Insee… 111

Manœuvres dilatoires de l’Insee… 114

Une obstruction qui tourne au refus de faire l’enquête… 116

Négociation serrée avec la Cnil… 120

De la collecte à l’exploitation : un parcours du combattant… 122

Un rapport âprement négocié et peu soutenu par l’Ined… 126

Une diffusion des résultats chaotique… 130

Les journées folles qui suivirent la sortie des résultats dans la presse… 133

Avec le temps, les réticences de l’Insee finirent par s’estomper… 137

CHAPITRE 5 — Première crise à l’Ined : l’épénisation d’une querelle interne… 141

La vilaine affaire des projections de population étrangère de 1980 dirigées par Hervé Le Bras… 143

La montée d’un conflit ouvert à l’Ined : une querelle d’indices ?… 150

Hervé Le Bras se débat contre un « courant pétainiste » imaginaire… 159

CHAPITRE 6 — La crise de la fin des années 1990 — Du démon des origines… aux origines du démon… 167

Hervé Le Bras aux prises avec la revue Population… 168

Retour sur les projections des années 1980 : la provocation de trop ?… 172

La meilleure défense c’est l’attaque… 177

Sept ans de réflexion… 181

Ennemis, épouvantails, amis d’amis d’épouvantails, amis d’amis d’ennemis sous surveillance… 187

Des méthodes dignes des heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire… 194

À la rentrée, un colloque organisé par les syndicats de l’Insee relance le débat… 198

Faut-il supprimer l’Ined ?… 203

Quelques voix discordantes… 205

La Cgt-Ined dénonce les manœuvres d’Hervé Le Bras et soutient le procès en diffamation… 206

Barrée du prix du livre politique… 210

CHAPITRE 7 — Les répliques des années 2000-2015 : épisodes récurrents, mais autre scénario… 213

Pléthore de rapports sur les discriminations… 214

Le Président de la République favorable à une politique de la « diversité » veut des statistiques qui aillent avec… 218

Rapport Veil : ne pas toucher au préambule de la Constitution… 223

Recommandations du Comedd : faire ce que la Cnil autorise d’ores et déjà… 225

La réponse anticipée de la Carsed… 233

Répliques du premier lustre des années 2010… 246

CONCLUSION… 255

ANNEXE I — René Carmille, « Sur le germanisme », reproduction de l’article publié dans la Revue politique et parlementaire en 1939… 261

ANNEXE II — Une meilleure connaissance démographique grâce à la prise en compte des origines ethniques et du raisonnement par génération… 289

ANNEXE III — Rapport de Roland Pressat présenté au conseil scientifique de l’Ined le 21 juin 1990. L’Ined a-t-il masqué l’évolution de la fécondité ? Extraits… 325

ANNEXE IV — Comparaison des projections de population « étrangère » réalisées sous la direction d’Hervé Le Bras à l’Ined et publiées par le HCP en 1980 à celles refaites en 1983 à l’Ined par Hervé Le Bras… 347

Glossaire… 349

Bibliographie… 355

Quatrième de couverture

MICHELÈ TRIBALAT

STATISTIQUES ETHNIQUES,
UNE QUERELLE BIEN FRANÇAISE

La question des statistiques ethniques revient régulièrement dans le débat public français, portée par le sujet sensible de l’immigration. Mais ce type de statistiques n’existe-t-il pas déjà en France ? Et de quoi parle-t-on exactement ? De données ethno-raciales comme elles existent officiellement aux Etats-Unis ou en Angleterre ou d’informations plus larges sur la migration comme cela se fait en Suède ou aux Pays-Bas ?

Faisant le récit complet de la montée en puissance de cette problématique, Michèle Tribalat montre en tout cas qu’en France, dès lors qu’il s’agit d’immigration, l’idéologie et les condamnations morales sont toujours au rendez-vous ! A un point assez inimaginable.

Car, là où le grand public voit la recherche scientifique comme une communauté vertueuse, elle dévoile au contraire de véritables « guerres » médiatiques où certains n’hésitent pas à user de mensonges et d’intimidations pour en faire taire d’autres.

Ayant toujours plaidé pour le recours aux données sur les origines ethniques, Michèle Tribalat montre les enjeux et les conditions de cet usage, avec un objectif majeur : celui de la connaissance du réel sans laquelle toute politique publique serait vouée à l’échec.

Michèle Tribalat a été directrice de recherches à l’INED (Institut National d’Etudes Démographiques), spécialiste des questions migratoires. Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages remarqués dont Assimilation, la fin du modèle français (Toucan, 2013) et Les Yeux grands fermés (Denoël, 2010). Elle a été membre du Haut Conseil à l’Intégration.

Photo couverture © Shutterstock.
Photo auteur © Patrick Lafrate.

ISBN : 978-2-81000-689-2

www.lartilleur.fr
L’ARTILLEUR

Informations complémentaires

Poids 572 g

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