Description
Oubliez les synthèses superficielles qui prétendent expliquer la spiritualité mondiale en quelques pages survolées sans aucune profondeur historique.
Sommaire
Fondements et inventaire du phénomène religieux
D’abord, Jacques Rifflet propose une introduction rigoureuse pour clarifier les concepts du sacré. En effet, il établit un inventaire des idées nécessaires avant son étude comparée des croyances mondiales. De plus, l’auteur présente six perceptions différentes de l’humain pour expliquer l’adhésion spirituelle. Ainsi, un tableau de synthèse aide le lecteur à visualiser les liens entre ces multiples courants. Certes, cette première partie prépare le terrain pour analyser les religions occidentales et orientales. Finalement, Rifflet invite le public à une réflexion préalable indispensable sur l’histoire des grandes traditions.
L’histoire et la conscience du judaïsme
Pour commencer, l’ouvrage explore en détail l’aventure juive depuis ses racines en Mésopotamie. Précisément, l’auteur décrit la marche d’Abraham vers l’Égypte et la purification vécue dans le Sinaï. Ensuite, Moïse conduit son peuple vers la terre de Canaan pour une installation durable. Plus tard, les Babyloniens imposent l’exil avant le renouveau que permet Cyrus le Grand. Universellement, la religion juive se définit par une conscience religieuse forte et un messianisme d’espérance. Parallèlement, la Cabale offre une voie ésotérique ardue tandis que les scribes multiplient les interprétations.
Expansion et fractures du christianisme
Justement, le christianisme prend son envol dans un espace de turbulences au sein du judaïsme. Aussitôt, Jacques Rifflet analyse le conflit des apôtres et la naissance des premières communautés chrétiennes. Notamment, il étudie des courants divergents comme l’arianisme ou le catharisme au fil des siècles. De fait, les fractures orientales donnent naissance à des Églises aux dogmes variés sur la nature divine. En conclusion, le protestantisme marque une étape cruciale vers l’émancipation des peuples nordiques. Effectivement, cette partie met en lumière la diversité interne d’une foi devenue mondiale.
Les dogmes et la spiritualité de l’islam
Puis, le récit retrace la vie de Mahomet et les fondements de la foi musulmane. À cet égard, l’auteur explique l’opposition éternelle entre le sunnisme triomphant et le chiisme. Concrètement, le dogme repose sur les cinq piliers de l’islam qui structurent la pratique quotidienne. En parallèle, le soufisme incarne une passion mystique que l’orthodoxie perçoit souvent comme interdite. De surcroît, Rifflet évoque la riche civilisation judéo-arabe et ses apports intellectuels majeurs. Enfin, l’étude traite du renouveau des schismes et des sectes au vingt et unième siècle.
Sagesses orientales et bouddhisme illuminé
Désormais, l’Iran ancien propose le mazdeïsme de Zoroastre avant l’avènement des grandes traditions indiennes. De son côté, l’hindouisme se décompose en plusieurs strates comme le védisme ou les Upanishad. Par la suite, le bouddhisme apparaît comme une émancipation illuminée de l’homme à travers l’Asie. Spécifiquement, Rifflet différencie les pratiques du Petit Véhicule, du Grand Véhicule et du tantrisme tibétain. En Chine, le confucianisme sert l’ordre social pendant que le taoïsme joue sur les contrastes. Surtout, le zen japonais représente la cime épurée de cette quête spirituelle orientale.
Voies ésotériques et laïcité moderne
Enfin, la voie ésotérique occupe une place finale importante avec l’étude de la franc-maçonnerie spéculative. Pour cela, l’auteur examine les fondements de cette tradition et son évolution depuis la maçonnerie opérative. En outre, un large chapitre traite de la laïcité occidentale face à l’agressivité des religions. Récemment, Jacques Rifflet interroge la situation de la femme dans le monde contemporain du sacré. Heureusement, il définit les limites de l’universalité des croyances pour favoriser une tolérance durable. En conclusion, sa synthèse générale rassemble ces valeurs pour éclairer l’avenir de nos sociétés modernes.
Caractéristiques
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Edition: Edition Jacques Rifflet
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Dimensions: 16 x 24 x 4,3 cm
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Nombre de pages: 788 pages
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Depot légal: 2000
Jacques Rifflet
Envoi soigné et Déposé en 48h (jours ouvrables) Edition Jacques Rifflet 16 x 24 x 4,3 cm 788 pages depot légal:2000 Bon Etat CPA
Résumé
Les bases fondamentales du phénomène religieux
D’abord, Jacques Rifflet propose une introduction rigoureuse pour clarifier les concepts du sacré. En effet, il établit un inventaire des idées nécessaires avant son étude comparée. De plus, l’auteur présente six perceptions différentes de l’humain. Ainsi, un tableau de synthèse aide le lecteur à visualiser ces multiples courants. Certes, cette première partie prépare le terrain pour analyser les religions. Finalement, Rifflet invite le public à une réflexion préalable indispensable.
L’aventure spirituelle et historique du judaïsme
Pour commencer, l’ouvrage explore en détail l’aventure juive depuis ses racines en Mésopotamie. Précisément, l’auteur décrit la marche d’Abraham et la purification dans le Sinaï. Ensuite, Moïse conduit son peuple vers la terre de Canaan. Plus tard, les Babyloniens imposent l’exil avant le renouveau de Cyrus. Universellement, une conscience religieuse forte et un messianisme définissent le judaïsme. Parallèlement, la Cabale offre une voie ésotérique ardue aux chercheurs.
L’expansion universelle du christianisme et de ses schismes
Justement, le christianisme prend son envol au sein du judaïsme ancien. Aussitôt, Jacques Rifflet analyse le conflit des apôtres et les premières communautés. Notamment, il étudie des courants divergents comme l’arianisme ou le catharisme. De fait, les fractures orientales créent des Églises aux dogmes variés. En conclusion, le protestantisme libère efficacement les peuples nordiques. Effectivement, cette partie montre la diversité interne d’une foi mondiale.
L’islam entre dogmes rigoureux et spiritualité mystique
Puis, le récit retrace la vie de Mahomet et les fondements de sa foi. À cet égard, l’auteur explique l’opposition entre sunnisme et chiisme. Concrètement, les cinq piliers de l’islam structurent la pratique quotidienne. En parallèle, le soufisme incarne une passion mystique que l’orthodoxie rejette souvent. De surcroît, Rifflet évoque les apports intellectuels de la civilisation judéo-arabe. Enfin, l’étude aborde le renouveau des sectes au vingt et unième siècle.
Les sagesses de l’Orient et la voie bouddhique
Désormais, l’Iran ancien propose le mazdeïsme de Zoroastre avant les traditions indiennes. De son côté, l’hindouisme présente plusieurs strates comme le védisme ou les Upanishad. Par la suite, le bouddhisme émancipe l’homme à travers toute l’Asie. Spécifiquement, Rifflet différencie le Petit Véhicule du Grand Véhicule. En Chine, le confucianisme maintient l’ordre social tandis que le taoïsme utilise les contrastes. Surtout, le zen japonais couronne cette quête spirituelle orientale.
La dimension laïque et les perspectives ésotériques
Enfin, l’auteur consacre une place importante à la franc-maçonnerie spéculative. Pour cela, il examine l’évolution de cette tradition depuis la maçonnerie opérative. En outre, un large chapitre oppose la laïcité à l’agressivité des religions. Récemment, Jacques Rifflet étudie la situation de la femme face au sacré. Heureusement, il définit les limites des croyances pour garantir la tolérance. En conclusion, sa synthèse rassemble ces valeurs pour éclairer notre avenir.
Table des matières
PRÉFACES…… 11
LETTRE AU LECTEUR…… 35
INTRODUCTION
Considérations utiles……
Inventaire des idées nécessaires……
Tableau de synthèse……
Les six perceptions de l’humain……
Réflexion préalable à l’étude comparée des religions……
I. LES RELIGIONS DE L’OCCIDENT OU RELIGIONS ABRAHAMIQUES…… 55
1. LE JUDAÏSME…… 55
L’aventure juive……
La Mésopotamie, une terre éclairée……
Le pays de Canaan, une Terre promise……
L’Egypte, le chemin d’Abraham……
Le Sinaï, les quarante années de purification……
La conquête et l’installation en terre de Canaan, le chemin de Moïse……
Les Assyriens et les Babyloniens, le courroux de Dieu et l’Exil……
Les Achéménides perses, la tolérance de Cyrus le Grand et le renouveau……
Les Romains, l’occupation, la révolte, la grande dispersion…… 72
La religion juive…… 90
La conscience religieuse……
Le messianisme de l’espérance……
La Cabale, le chemin d’un ésotérisme ardu……
L’ivresse du texte……
L’Alliance dans la pureté……
Un judaïsme laïque? Réalité, gageure ou interdit…… 110
L’interprétation “éclatée” des scribes…… 114
Le conflit avec la chrétienté, l’alliance avec l’islam…… 121
2. LE CHRISTIANISME…… 123
Le judaïsme avant Jésus, un espace de turbulences…… 123
Le judaïsme perturbé, la crucifixion, les 1ʳᵉˢ persécutions…… 141
Le judéo-christianisme et le conflit des apôtres…… 143
Le christianisme, l’envol universel…… 148
Le catharisme, le christianisme manichéen…… 176
L’arianisme, le Fils est second…… 185
Le monophysisme, la nature du Fils est divine…… 208
Le nestorianisme, la nature du Fils est humaine…… 210
Le monothélisme, le Fils possède une seule volonté…… 211
Les Eglises orientales, la grande fracture…… 212
Le protestantisme, l’émancipation des Nordiques…… 217
3. L’ISLAM…… 237
Mahomet…… 237
- Le sunnisme et le chiisme, la revanche éternelle…… 256
- Le rêve de Khomeiny, le chiisme triomphant…… 287
- Le rêve de Saddam Hussein, le sunnisme triomphant…… 288
- Le dogme islamique…… 300
- Les cinq piliers de l’islam…… 309
- Les sources et fondements de la foi…… 312
- Le soufisme, la passion interdite…… 325
4. LA CIVILISATION JUDEO-ARABE…… 329
5. LE BILAN RELIGIEUX AU TOURNANT DU XXIe SIECLE ET LA DIMENSION LAÏQUE…… 351
Le renouveau des schismes et des sectes…… 351
Grandeur et agressivité des religions…… 360
La situation de la femme dans le monde du sacré…… 378
Islam et laïcité…… 389
Laïcité oppressive, laïcité permissive…… 399
La tolérance et la croyance…… 405
Limite “essentielle” de l’universalité d’une croyance…… 406
Les valeurs…… 408
II. REFLEXION AVANT UNE ANALYSE COMPAREE DES RELIGIONS DE L’OUEST ET DE L’EST……
La problématique de l’étude comparée des religions…… 417
L’Occident et l’Orient, similitudes et divergences…… 422
Le dualisme Créateur-créature, le monisme panthéiste et la liberté humaine…… 445
Les Eglises…… 451
L’islam et l’hindouisme, l’opposition incarnée…… 453
III. LES RELIGIONS DE L’ORIENT……
1. L’IRAN…… 464
Le mazdeïsme primitif et Zoroastre…… 469
Le mazdeïsme classique et le manichéisme…… 470
2. L’INDE ET L’EXTREME-ORIENT…… 482
L’hindouisme…… 482
A. Le védisme des conquérants blancs…… 483
a. Les Samhita…… 494
b. Les Brahmana…… 495
c. Les Aranyakas…… 497
d. Les Upanishad…… 497
e. Les Sutra…… 502
f. Les Vedanta…… 502
B. L’hindouisme proprement dit…… 503
a. Les Dharmasastra…… 503
b. Les épopées: le Mahābhārata, le Rāmayana…… 509
c. Les Purana…… 510
d. Les Mahatmya…… 511
e. Les Tantra…… 511
f. Les Sutra…… 512
g. Les Vedanta…… 512
- Le jainisme, la pureté érudite…… 521
- Le sikhisme, le syncrétisme farouche…… 526
- Le bouddhisme, l’émancipation illuminée de l’homme…… 528
A. Introduction générale…… 531
a. L’expansion…… 531
Le Petit Véhicule…… 532
Le Grand Véhicule…… 533
b. La réussite indienne puis le déclin…… 538
c. L’expansion en Asie du Sud-Est…… 538
d. L’expansion en Malaisie et en Indonésie…… 542
e. L’expansion en Chine et au Japon…… 542
B. Analyse approfondie……
a. Le monde de l’Inde……
- Le Petit Véhicule……
- Le Grand Véhicule……
Le Grand Véhicule tantrique……
- Le tantrisme érotique……
- Le tantrisme “honorable”……
- Le tantrisme tibétain……
b. Le monde de la Chine……
- Le confucianisme, le service de l’Ordre……
- Le taoïsme, la dynamique des contrastes……
- Les Trois Doctrines, la solution “à la carte”……
- Le Yogacara Vijnanavadin, le souffle de la pensée……
- Le ch’an-na ou zazen, la cime épurée du bouddhisme……
c. Le monde du Japon……
Ouvertures gourmandes et fermetures élitistes……
Le cheminement du zen……
TABLEAU GENERAL DES RELIGIONS CARTES…… 635
IV. LA VOIE ESOTERIQUE…… 645
FONDEMENTS…… 645
LA MAÇONNERIE SPECULATIVE OU FRANC-MAÇONNERIE…… 655
LA MAÇONNERIE OPERATIVE…… 709
V. LA LAÏCITE OCCIDENTALE…… 717
VI. CONCLUSION GENERALE…… 765
Quatrième de couverture
Le récit d’une passion pour le sacré
Jacques Rifflet nous livre ici le récit d’une passion profonde pour le sacré. Grand voyageur au fil de ses nombreuses missions à l’étranger, il fut frappé par une observation récurrente. Les hommes aspirent partout à briser leur condition simplement animale. Ils cherchent constamment à élever leur destin vers quelque chose de plus grand. Ce constat universel est le point de départ de sa réflexion.
Introduction
La tolérance du sacré et le sacré de l’intolérance
Roger Lallemand, président honoraire du Sénat de Belgique, ouvre cette préface par une réflexion sur la nature complexe du sacré. Le sacré est une notion difficile à cerner car se déploie en lui une volonté d’indéchiffrable. Certes, l’homme peut vivre sans être porté par le sacré et ne pas être fasciné par lui. Mais certains matérialismes trop étroits ne rendent pas compte des exigences de la spiritualité.
La contestation du rationalisme étroit
Tout au long de son déploiement, l’œuvre de Jacques Rifflet conteste une conception rationaliste. Celle-ci prétend fonder de l’extérieur, par détermination matérialiste, toutes les créations de l’esprit. Son livre veut assurer le fondement d’une véritable liberté intérieure. L’auteur a tenté une entreprise à première vue impossible. Tel un navigateur solitaire qui décide de parcourir sans escale toutes les mers du monde, il s’est lancé dans l’immensité du sacré.
Une écoute attentive de toutes les voix
Il a cherché à cerner un sens et à dégager une essence commune à travers les cultures. Il l’a fait en se mettant à l’écoute de toutes les voix. Ces voix clament ou murmurent leurs convictions, leurs doutes, mais surtout leurs certitudes profondes. Le livre est le fruit d’années d’écoute attentive pour appréhender les lignes de force du sacré. Cette appréhension n’a été possible que par un respect de toutes les pensées et des fois et croyances.
L’objectivité et la vivacité du propos
Ce n’est pas l’un des moindres compliments que de nommer le souci d’objectivité qui habite ce livre. Sa très vivante facture rend la lecture agréable et stimulante. Il ouvre ainsi une porte à une culture de la spiritualité. Celle-ci peut ressortir au transcendantal ou bien à l’immanent selon les conceptions. Le point d’ancrage de l’entreprise réside au-delà des tensions que suscitent la divergence.
Les religions à l’épreuve de la contradiction
Les religions de notre monde, traversé par l’information, subissent l’épreuve de la contradiction. Elles réagissent soit en radicalisant leur démarche, soit aussi en la réduisant. L’on a pu dire que les Dieux, et le sacré qui les entoure, rabattent aujourd’hui leurs exigences en s’humanisant excessivement. On entre alors dans ce que Claude Javeau appelle l’ère d’un “Dieu gnangnan”. Mais le livre nous restitue plutôt la démarche première de la foi, sa force constitutive et sa capacité d’affirmation.
La démocratie et le double jeu des religions
Notre expérience politique nous convainc que la démocratie est fondée sur une conception égalitaire de l’homme. Cette vision casse des tabous et des références inconscientes à une inégalité fondamentale. Sur ce plan, les religions ont toujours joué double jeu. Elles ont souvent accrédité et fondé l’universalité et l’égalité de chaque homme. Mais elles ont justifié aussi, par bien des détours, les hiérarchies et la subordination de l’homme à des autorités extérieures.
Le paradoxe des engagements libérateurs
Ainsi, la liberté et l’oppression sont sorties d’un même puits dans l’histoire humaine. Je prendrai un exemple hors des religions, celui des penseurs communistes des années 50. Au nom de la liberté, avec une vigueur remarquable, ils combattaient l’impérialisme américain. Mais ils le faisaient en rendant un culte à Staline, paradoxe au cœur de l’engagement libérateur. Avant la deuxième guerre mondiale, le Guernica de Picasso et les poèmes d’Aragon ont eu un grand impact.
Les contradictions des libérateurs
Mais ces œuvres furent concomitantes à une nouvelle foi porteuse d’interdits d’expression. La sympathie stalinienne d’Aragon, de Picasso et de tous ceux que l’espoir a trahis les a amenés à des complaisances inquiétantes. En vérité, ces libérateurs libéraient aussi les monstres qui allaient écraser leurs combats. Là, sans doute, c’était au nom de la raison que se fondait une dépendance nouvelle. On étouffait la liberté au nom même de la libération promise.
L’oppression dans les religions
Alors qu’au cœur des religions, l’oppression passe par le culte de la transcendance. Elle se manifeste aussi par l’apologie d’une culpabilisation qui suscite le risque permanent d’un écrasement face à Dieu. La libre pensée a eu le mérite de délimiter, de réduire, voire de casser certains réflexes d’adhésion inconditionnelle. L’affirmation d’une liberté radicale de l’homme et du citoyen face à Dieu a permis de sauver d’une dépendance organisée.
Le sacré de l’immanence
Certes, on ne manquera pas de l’objecter, la libre pensée véhicule aussi un sacré caché ou méconnu. Cette ignorance est sans doute une de ses faiblesses majeures. Par réflexe historique, les courants de la libre pensée refusent souvent la connaissance du sacré des religions. Ils tendent à s’enfermer dans un rationalisme étroit. Ils oublient parfois comment l’homme peut se libérer par le recours à la transcendance.
La Déclaration des droits de l’homme comme sacré
Comment ne pas faire référence à la Déclaration des droits de l’homme qui affirme que chaque homme est égal en dignité et en droit ? Là, le sacré découle directement du fondement d’une universalité en l’homme et par l’homme. Comme le dit Claude Javeau, la transcendance est alors installée au cœur même de l’immanence de l’être. Cette transcendance-là nous sauve de l’aplatissement sur nos besoins immédiats.
La jeunesse et le combat contre le cléricalisme
Nous fûmes nombreux, dans notre jeunesse, à combattre un cléricalisme oppresseur. Pour nous en libérer, nous avons socialisé la Liberté et la Révolution comme idéaux. Mais montait en notre conscience une constatation inquiétante : Dieu mourait en pas mal de ses serviteurs. Chez ceux qui montraient cette décadence s’éteignait aussi un idéalisme compensateur. Ils renonçaient à la recherche d’une transcendance alternative sertie dans notre environnement.
La solidarité mise en question
Ils ne cherchaient plus le dépassement de l’individualisme dans un engagement collectif. Beaucoup l’ont écrit : la volonté de solidarité affirmée par bien des laïques est souvent devenue une hypocrisie. Elle est aussi présente que celle de l’amour du prochain qu’invoquent tant de croyants. L’ouvrage de Jacques Rifflet nous invite à dépasser ces contradictions apparentes. Il propose une approche respectueuse de toutes les quêtes spirituelles, qu’elles soient religieuses ou laïques.
Un ouvrage qui ouvre les portes à un réagencement fondamental
Ce livre sur les sacrés ouvre les portes à une remise au point essentielle. Il propose un réagencement fondamental de notre compréhension du phénomène religieux. Jacques Rifflet démontre et rejette le schéma classique trop simpliste. Ce schéma oppose radicalement la spiritualité, fruit prétendu de la croyance en un divin, au matérialisme des non-croyants. L’auteur montre que l’immanence peut aussi animer une spiritualité authentique.
L’aigle et le manchot cohabitent en chacun
Comme l’auteur le dit avec raison, l’aigle et le manchot cohabitent au cœur des rationalismes. Ils sont présents aussi dans les matérialismes et dans les spiritualismes les plus divers. Nous en déduisons que les religions n’ont aucun privilège dans la genèse de la spiritualité. L’ouvrage permet la connaissance de ce que nous avons voulu ignorer trop longtemps. Il suscite un débat sur le statut de la spiritualité que la discussion n’épuisera pas.
Le tracé des frontières et les murs de la différence
En relevant entre les diverses versions du sacré le tracé des frontières, le livre identifie les “murs de la différence”. Il ouvre une réflexion entre croyants et aussi entre croyants et non-croyants. Cette réflexion porte sur ce qui les unit et sur ce qui fonde une identité commune. L’auteur, inlassablement, se fait l’apôtre du dialogue sincère et profond. Mais celui-ci ne peut se déployer qu’en ouvrant ces murs qui nous séparent.
S’aventurer dans ce grand livre
D’abord, vous devez vous aventurer dans ce grand livre et dans ce monde étrange. En effet, cet ouvrage dévoile des horizons fascinants et insoupçonnés pour le lecteur. Pourtant, nous devons savoir intensément que ce monde est aussi le nôtre. Ainsi, les apparences trompeuses ne doivent pas masquer cette profonde réalité humaine.
Le lien nécessaire avec la praxis
Pour commencer, nous devons garder le sens de la relation à la praxis. Notamment, Karl Marx utilise ce concept pour expliquer l’action transformatrice de l’homme. De fait, nous savons tous que le sacré constitue une culture spécifique. De la même manière, l’être humain crée lui-même ses propres représentations spirituelles.
Le regard de la démocratie
Désormais, nous devons juger le fait religieux avec des critères résolument modernes. Précisément, notre analyse s’appuie sur les valeurs de notre système politique actuel. En conclusion, la démocratie nous demande d’investir pleinement ces principes dans notre société.
Le goût de la contradiction et du changement
La démocratie nous a appris le goût de la contradiction et celui du changement. Bref, la pratique du libre examen est au cœur de cette démarche. Nous percevons combien la tension de ces valeurs avec le sacré demeure considérable. Elle est, d’un certain point de vue, insurmontable. Mais le débat doit être en permanence ouvert et stimulé.
Le dialogue élargit un monde rapetissé
Le dialogue élargit un monde qui, petit à petit, s’est rapetissé sur son histoire. Il s’est refermé sur ses combats anciens qui se sont souvent sclérosés. Je pense aux luttes entre des catholiques sectaires et intransigeants. Je pense aussi à ces laïques dont l’ignorance pouvait fonder l’intolérance. Leur incompréhension de la foi était tout aussi dommageable.
L’union de celui qui croyait au ciel et de celui qui n’y croyait pas
Les combats en commun de “celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas” sont aujourd’hui plus essentiels. L’imparfait montre l’avenir possible du croyant et de l’incroyant. Un engagement idéologique et politique pour l’unité de l’homme, pour son universalité, unit davantage croyants et non-croyants. Ils partagent la même vision d’un monde en changement permanent. Une relation profonde, plus complexe, peut désormais naître entre ceux qui apprirent à se différencier.
Un programme d’élargissement
D’abord, vous devez attendre le livre de Jacques Rifflet comme un programme d’élargissement de la conscience. En effet, cet ouvrage approfondira notre compréhension d’un univers bien plus vaste que le nôtre. Dès lors, l’auteur nous invite à prendre des risques intellectuels et spirituels importants. Ainsi, son texte nous incite à conjuguer des contraires qui semblaient pourtant irréconciliables. Finalement, un monde spirituel oublié nous séduit tout au long de ce cheminement religieux.
La poésie du religieux
Une poésie s’exalte de la déification de nos demandes d’absolu les plus profondes. Elle nous livre un Autre, tout autre, qu’elle tire de nous-mêmes. Elle nous le restitue comme un étonnement, comme ces fleurs étranges découvertes en terre inconnue. Une lecture non religieuse peut conjuguer le plaisir de la culture avec le sens de la contestation. La poésie s’insinue souvent dans l’expression du religieux pour en soutenir les ruses.
L’étude critique des sources du sacré
Après avoir délimité les contours du sacré, une étude critique doit pouvoir nommer ses sources. Elle doit montrer ses fondements et ses possibles manipulations par les institutions. Partant de là, et après avoir éloigné les Dieux, face à un horizon nouveau, nous pourrons, à la lecture de ce grand livre, découvrir et inventer d’autres mondes. Après bien des détours, je ne suis pas convaincu comme Malraux que la tâche du XXIe siècle sera d’y réintégrer les Dieux.
Les Dieux toujours en nous
Ils se sont éloignés, mais sont toujours présents en nous sous d’autres visages. À travers mille différences, il nous incombe d’apprendre à les trouver chez les autres. Nous devons les reconnaître chez le voisin, chez le malheureux du Tiers-Monde qui exorcise tous ses diables. Nous pourrons ainsi créer une société plus large en sachant que resteront toujours devant nous des horizons vides et des murs sans parole.
Un prince de l’exil
À l’instar de St John Perse, j’ai envie de dire à celui qui ouvre les recherches de l’esprit, qui décrit les mille chemins de la croyance et décode les voix de tous les Dieux, qu’il est un prince de l’exil. Et qu’il n’a que faire de mon chant, car son œuvre se suffit à elle-même. Roger Lallemand signe ainsi cette préface profonde et stimulante pour l’ouvrage de Jacques Rifflet.






















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