Description
Vous croyez que la physiologie musculaire est une science figée depuis le XIXe siècle ?
Duchenne, en 1866, posait des questions que la médecine moderne n’a pas encore toutes résolues.
Sommaire
Découvrez l’authenticité des faits et l’humilité de l’auteur
D’abord, G. B. Duchenne expose sa démarche scientifique rigoureuse. Ensuite, l’auteur présente des faits authentiques et incontestables. Pourtant, il ne se flatte pas de les avoir toujours bien interprétés. De fait, le chercheur écrit uniquement selon sa profonde conviction personnelle. Toutefois, des erreurs ou des omissions ont pu se glisser dans l’ouvrage. C’est pourquoi l’écrivain espère que ses lecteurs comprendront la difficulté.
Explorez la citation de 1855 sur la méthode
D’abord, Duchenne publiait ses premières études électro-physiologiques en 1855. Pourtant, le médecin n’avait pas encore accompli sa lourde tâche. En effet, il devait encore étudier bien des fonctions musculaires. Certes, sa méthode pouvait faire connaître l’action propre des muscles. Cependant, l’expérimentation électro-physiologique seule ne suffisait pas. Ainsi, l’observation clinique devait compléter cette approche expérimentale.
Mesurez le temps nécessaire à la recherche
D’abord, le scientifique consacrait beaucoup de temps et de peine aux faits cliniques. De plus, il devait recueillir des données complètes et nombreuses. Pourtant, Duchenne doutait que sa propre vie y suffirait. Heureusement, il espérait y parvenir avec l’aide de Dieu. Aussi, le chercheur comptait sur le soutien de ses confrères. En conclusion, la recherche scientifique exige une patience infinie.
Lisez la conclusion de la préface
D’abord, l’auteur tire un bilan après dix ans de recherches continues. Pourtant, il n’ose pas encore dire que sa tâche se termine. Ensuite, la note bibliographique renvoie à ses publications antérieures. De fait, l’électrisation localisée occupe deux éditions successives. Précisément, l’éditeur publie la première édition en 1855. Puis, la seconde édition paraît à Paris en 1862.
Étudiez la structure des deux premières parties
D’abord, l’auteur divise l’ouvrage en quatre parties distinctes. Ensuite, les deux premières parties étudient les mouvements des membres. Puis, le texte analyse le membre thoracique et le membre abdominal. De plus, le scientifique examine minutieusement l’action individuelle des muscles. Aussi, le manuel décrit les usages de chaque groupe musculaire. Finalement, l’écrivain traite successivement l’épaule, le bras et l’avant-bras.
Analysez les différentes articulations étudiées
D’abord, une étude spécifique examine la main, les doigts et le pouce. Ensuite, le chercheur analyse la cuisse et la jambe. Puis, l’exploration du pied et des orteils complète cette section. De fait, l’auteur examine le fonctionnement propre de chaque articulation. Par ailleurs, il identifie précisément les muscles qui les meuvent. Ainsi, le texte définit clairement leur rôle respectif.
Poursuivez avec la troisième partie sur la respiration
D’abord, la troisième partie traite des mouvements de la respiration. Ensuite, ce chapitre étudie également la colonne vertébro-crânienne. Puis, l’auteur achève l’étude de l’action musculaire dans la locomotion. Certes, ce paragraphe devait clore initialement le livre. Cependant, les éditeurs ont proposé un prolongement intéressant. Par conséquent, l’équipe ajoute une quatrième partie à l’ouvrage.
Découvrez l’ajout de la quatrième partie
D’abord, MM. J. B. Baillière, les éditeurs, ont fait une suggestion judicieuse. Ensuite, ils souhaitaient rapprocher d’autres recherches importantes. Puis, cette section intègre les travaux sur la physiologie faciale. De plus, la quatrième partie expose les principaux faits généraux. Ainsi, ces données découlent directement des recherches expérimentales. Finalement, l’ensemble gagne en cohérence et en richesse.
Appréciez l’utilité pratique et esthétique
D’abord, l’auteur a cru utile de présenter cette analyse détaillée. Ensuite, le praticien peut en tirer profit dans son travail quotidien. De plus, ces recherches servent également l’esthétique. En effet, les expériences ont mis en lumière des faits anatomiques nouveaux. Ainsi, le diagnostic des paralysies faciales bénéficie de ces découvertes. Finalement, le médecin améliore le traitement rationnel des contractures.
Notez la date et la référence finale
D’abord, Duchenne achève l’ouvrage à Paris le 31 décembre 1866. Ensuite, une note renvoie au “Mécanisme de la physionomie humaine”. Puis, l’éditeur rappelle que cet ouvrage précédent date de 1862. De fait, cette mention souligne la continuité des recherches. Aussi, Duchenne a consacré sa vie entière à ces études. En conclusion, son œuvre marque profondément la physiologie moderne.
Caractéristiques
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Auteur : G. B. Duchenne
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Titre : Physiologie des mouvements
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Éditeur : J.-B. Baillière
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Dimensions : 14 x 21,5 x 4,4 cm
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Nombre de pages : 872 pages
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Dépôt légal : 1967 (édition originale de 1867)
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Code / ISBN : L024360689
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Public : Médecins, physiologistes, étudiants en médecine, kinésithérapeutes, chercheurs
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Genre : Médecine, physiologie, anatomie, neurologie
G. B. Duchenne
Envoi soigné et Déposé en 48h (jours ouvrables) Edition J.-B. Baillière 14 x 21,5 x 4,4 cm 872 pages depot légal:1967 (Edition de 1867) Bon Etat
Résumé
L’authenticité des faits et l’humilité de l’auteur
D’abord, G. B. Duchenne expose sa démarche scientifique rigoureuse. Ensuite, l’auteur présente des faits authentiques et incontestables. Pourtant, il ne se flatte pas de les avoir toujours bien interprétés. De fait, le chercheur écrit uniquement selon sa profonde conviction personnelle. Toutefois, des erreurs ou des omissions ont pu se glisser dans l’ouvrage. C’est pourquoi l’écrivain espère que ses lecteurs comprendront la difficulté.
La citation de 1855 sur la méthode
D’abord, Duchenne publiait ses premières études électro-physiologiques en 1855. Pourtant, le médecin n’avait pas encore accompli sa lourde tâche. En effet, il devait encore étudier bien des fonctions musculaires. Certes, sa méthode pouvait faire connaître l’action propre des muscles. Cependant, l’expérimentation électro-physiologique seule ne suffisait pas. Ainsi, l’observation clinique devait compléter cette approche expérimentale.
Le temps nécessaire à la recherche
D’abord, le scientifique consacrait beaucoup de temps et de peine aux faits cliniques. De plus, il devait recueillir des données complètes et nombreuses. Pourtant, Duchenne doutait que sa propre vie y suffirait. Heureusement, il espérait y parvenir avec l’aide de Dieu. Aussi, le chercheur comptait sur le soutien de ses confrères. En conclusion, la recherche scientifique exige une patience infinie.
La conclusion de la préface
D’abord, l’auteur tire un bilan après dix ans de recherches continues. Pourtant, il n’ose pas encore dire que sa tâche se termine. Ensuite, la note bibliographique renvoie à ses publications antérieures. De fait, l’électrisation localisée occupe deux éditions successives. Précisément, l’éditeur publie la première édition en 1855. Puis, la seconde édition paraît à Paris en 1862.
La structure des deux premières parties
D’abord, l’auteur divise l’ouvrage en quatre parties distinctes. Ensuite, les deux premières parties étudient les mouvements des membres. Puis, le texte analyse le membre thoracique et le membre abdominal. De plus, le scientifique examine minutieusement l’action individuelle des muscles. Aussi, le manuel décrit les usages de chaque groupe musculaire. Finalement, l’écrivain traite successivement l’épaule, le bras et l’avant-bras.
Les différentes articulations étudiées
D’abord, une étude spécifique examine la main, les doigts et le pouce. Ensuite, le chercheur analyse la cuisse et la jambe. Puis, l’exploration du pied et des orteils complète cette section. De fait, l’auteur examine le fonctionnement propre de chaque articulation. Par ailleurs, il identifie précisément les muscles qui les meuvent. Ainsi, le texte définit clairement leur rôle respectif.
La troisième partie sur la respiration
D’abord, la troisième partie traite des mouvements de la respiration. Ensuite, ce chapitre étudie également la colonne vertébro-crânienne. Puis, l’auteur achève l’étude de l’action musculaire dans la locomotion. Certes, ce paragraphe devait clore initialement le livre. Cependant, les éditeurs ont proposé un prolongement intéressant. Par conséquent, l’équipe ajoute une quatrième partie à l’ouvrage.
L’ajout de la quatrième partie
D’abord, MM. J. B. Baillière, les éditeurs, ont fait une suggestion judicieuse. Ensuite, ils souhaitaient rapprocher d’autres recherches importantes. Puis, cette section intègre les travaux sur la physiologie faciale. De plus, la quatrième partie expose les principaux faits généraux. Ainsi, ces données découlent directement des recherches expérimentales. Finalement, l’ensemble gagne en coherence et en richesse.
L’utilité pratique et esthétique
D’abord, l’auteur a cru utile de présenter cette analyse détaillée. Ensuite, le praticien peut en tirer profit dans son travail quotidien. De plus, ces recherches servent également l’esthétique. En effet, les expériences ont mis en lumière des faits anatomiques nouveaux. Ainsi, le diagnostic des paralysies faciales bénéficie de ces découvertes. Finalement, le médecin améliore le traitement rationnel des contractures.
La date et la référence finale
D’abord, Duchenne achève l’ouvrage à Paris le 31 décembre 1866. Ensuite, une note renvoie au “Mécanisme de la physionomie humaine”. Puis, l’éditeur rappelle que cet ouvrage précédent date de 1862. De fait, cette mention souligne la continuité des recherches. Aussi, Duchenne a consacré sa vie entière à ces études. En conclusion, son œuvre marque profondément la physiologie moderne.
Préface
Objet et méthodologie des recherches
Je me propose d’exposer dans ce livre l’ensemble de mes recherches sur la physiologie des mouvements chez l’homme. J’y ai consacré près de vingt années, et je les ai poursuivies concurremment à l’aide de l’expérimentation électro-musculaire et de l’observation clinique, spécialement au point de vue de l’action propre que possèdent les muscles de la vie animale et des usages auxquels ils sont destinés, soit comme agents principaux des mouvements volontaires, soit comme leurs modérateurs, soit qu’ils concourent synergiquement à leur production, soit enfin qu’ils président, par l’équilibre de leurs forces toniques, à l’attitude normale des membres pendant le repos musculaire. La possibilité de limiter la puissance électrique dans chacun des muscles ou des faisceaux musculaires, et d’imiter ainsi les mouvements volontaires, devait faire naître une idée féconde : celle d’étudier l’action individuelle des muscles, et conséquemment la physiologie des mouvements sur l’homme vivant. C’était, pour ainsi dire, l’anatomie vivante pratiquée sur les animaux par les anciens, et réalisée pour la première fois sur l’homme vivant, sans opération sanglante, avec des procédés inoffensifs, dus aux progrès de ma méthode de faradisation localisée.
L’héritage scientifique et l’humilité du chercheur
Mais une pensée décourageante faillit m’arrêter au début. A quoi bon tant de peine? me disais-je. Que peuvent produire de telles recherches, après les admirables travaux enfantés, pendant des siècles, par les hommes illustres qui se sont occupés d’anatomie ou de physiologie musculaire? Après les Galien, les Vésale, les Fallope, les Colombus; après le mécanicien Borelli, P. Jos. Barthez, l’admirable Winslow, B. S. Albinus, Sabatier, Sœmmering, Boyer, Bichat, les frères Weber, Ch. Bell, Gerdy, etc.; après mon savant maître, M. Cruveilhier; après M. Sappey, M. Bouvier, M. Maissiat, M. Jules Béclard et tant d’autres anatomistes et physiologistes modernes, que peut-il rester à faire en physiologie des mouvements? Prétendre découvrir ce que n’avaient pas vu de tels génies, c’eût été de la présomption. A peine osai-je espérer glaner laborieusement quelques petits faits oubliés ou dédaignés par eux. Je commençai donc mes recherches sous l’impression de ces réflexions, et je n’avais plus d’autre désir que celui de satisfaire ma curiosité, en constatant des faits connus, d’autre ambition que celle de montrer, — ce qui n’avait jamais été fait chez l’homme, — une espèce d’anatomie vivante, à l’exemple des anciens.
La remise en question des lois mécaniques
Quelle fut bientôt ma surprise, lorsque je vis sortir de mes expériences électro-musculaires des faits imprévus qui déjouaient tous les calculs de la mécanique! S’il était arrivé que les faits nés de mes recherches électro-physiologiques ne s’accordassent pas avec ceux qui avaient été déduits antérieurement d’expériences mécaniques pratiquées sur le cadavre, je voyais que les lois en apparence rigoureuses dont elles étaient la base avaient inévitablement conduit à l’erreur les observateurs les plus éminents. Je choisirai, comme exemple et à l’appui de cette assertion, le diaphragme. Borelli, on le sait, a prouvé, par les calculs les plus exacts, que l’action propre du diaphragme est de resserrer la base de la poitrine, — ce qui est exact, ce que je montrerai plus tard sur l’animal vivant. — Eh bien! je ferai voir expérimentalement que, chez l’homme et chez les animaux, grâce à certaines dispositions particulières, le diaphragme est appelé à remplir physiologiquement et accomplit réellement une fonction diamétralement opposée à celle qu’on devait lui attribuer, d’après les données tirées de l’attache et de la direction de ses fibres.
Les limites de l’expérimentation isolée
Je me réjouissais déjà des résultats obtenus par la faradisation musculaire localisée, et me promettais d’exploiter facilement et en peu de temps une mine inexplorée de découvertes. Je me figurais qu’il me suffirait de parcourir rapidement chaque région du corps, en faisant jouer individuellement et partiellement les muscles, pour remettre à neuf—on me passera cette expression—une grande partie de la physiologie des mouvements. Mais je dus bientôt renoncer à cet espoir présomptueux, car je fus arrêté par mes propres expériences, dont je ne pouvais souvent rien conclure quant aux fonctions musculaires. En voici un exemple. Le deltoïde, disait-on, est élévateur du bras sur l’humérus. En effet, si je le mettais en contraction continue par la faradisation localisée, l’élévation de l’humérus avait lieu; mais en même temps je voyais l’omoplate prendre une attitude vicieuse que je décrirai plus tard, et il se produisait une subluxation scapulo-humérale. Était-ce avec une telle expérience que je pouvais apprendre ou démontrer les fonctions du deltoïde?
La synergie musculaire et l’apport de la clinique
D’abord, cette expérience originale démontrait les déformations issues des contractions musculaires partielles. Ensuite, ces mouvements provoqués ne constituent pas des phénomènes physiologiques. Puis, l’étude prouvait que l’action musculaire isolée n’existe pas dans la nature. De fait, la faradisation localisée ne pouvait pas éclairer la physiologie des mouvements volontaires. Heureusement, l’observation clinique m’aidait à comprendre le mécanisme de ces faits étranges. Ainsi, mes expériences électro-physiologiques mettaient en lumière des réponses musculaires inédites.
Le rôle de l’observation clinique
D’abord, je prenais l’observation clinique comme guide unique dans mes recherches. Ensuite, cette méthode m’apportait la connaissance exacte des fonctions musculaires. Puis, les mouvements exigent toujours la contraction synergique de plusieurs muscles. Certes, l’exploration électro-musculaire fait connaître exactement l’action propre d’un muscle. Cependant, elle apprend rarement quels autres muscles soutiennent le mouvement physiologique. De surcroît, l’absence de ces muscles complémentaires occasionne souvent des difformités.
Les troubles du mouvement isolé
D’abord, l’observation clinique montre les troubles des mouvements isolés. Ensuite, ces anomalies surviennent quand un muscle agit sans ses partenaires habituels. Puis, l’atrophie ou la paralysie supprime le concours des muscles voisins. C’est pourquoi je dois citer un nouvel exemple pour clarifier ma pensée. Imaginez alors un homme souffrant d’une paralysie du grand dentelé. Si cet homme élève le bras, la même difformité apparaîtra immédiatement.
L’action synergique des muscles
D’abord, l’action isolée du deltoïde par faradisation produit ce même accident. Ensuite, le rapprochement de l’expérience et du fait clinique impose une conclusion évidente. Puis, l’action synergique du grand dentelé permet au deltoïde de remplir sa fonction principale. De fait, cette alliance assure l’élévation complète du bras sans provoquer de subluxation. Aussi, l’action élévatrice du deltoïde s’arrête naturellement à la direction horizontale du membre. Finalement, le grand dentelé exécute obligatoirement la seconde moitié de cette élévation.
La nécessité du contrôle mutuel des méthodes
Si j’insistais davantage sur ce point, j’anticiperais sur les faits que j’ai à exposer. Pour le moment, je veux seulement établir qu’isolément l’expérimentation électro-physiologique ou l’observation clinique sont incapables d’éclairer complètement la physiologie musculaire, tandis que réunies, elles peuvent nous donner la clef de la synergie musculaire physiologique, si difficile à analyser, j’oserai même dire si peu connue. Est-il besoin d’ajouter que ce contrôle mutuel de l’électro-physiologie musculaire et de l’observation clinique donne, aux faits qui ressortent de ce genre de recherches, le plus haut degré de certitude?
La difficulté de trouver des cas de paralysies partielles
On conçoit que pour suivre mon nouveau plan de recherches, c’est-à-dire que voulant faire marcher de pair l’expérimentation électro-physiologique et l’observation clinique, il me fallait trouver des paralysies partielles et bien limitées. C’est alors que j’éprouvai un temps d’arrêt désespérant; car, en fait de paralysies partielles, on ne connaissait à cette époque que des paralysies qui affectaient à la fois un certain nombre de muscles de l’avant-bras, comme la paralysie saturnine, ou ce qu’on appelait des paralysies du deltoïde, du grand dentelé — qui ne sont le plus souvent que des paralysies fort complexes. — Avec une telle pauvreté de faits cliniques, je ne pouvais certes suivre le vaste plan que je m’étais tracé. Je dois dire ici qu’il m’eût fallu certainement renoncer à ces recherches, sans le concours général et bienveillant des médecins et chirurgiens des hôpitaux.
L’apport des médecins des hôpitaux et la découverte de l’atrophie
Informé par eux de la plupart des affections musculaires partielles ou générales qui se présentaient dans leurs services, il me fut possible d’en observer un très-grand nombre, en peu de temps, et d’explorer, dans tous ces cas, l’état de chacun des muscles au moyen de la faradisation localisée. — On verra que l’examen cadavérique a souvent justifié le jugement porté par moi, pendant la vie, sur l’état anatomique des muscles de sujets que j’avais ainsi examinés. C’est en me livrant à ces explorations électro-musculaires, — véritables autopsies faites sur le vivant, — que je découvris l’existence assez fréquente d’atrophies musculaires qui jadis avaient été confondues avec les paralysies ordinaires, et qui plus tard (en 1849) furent l’objet d’un travail que j’adressai à l’Académie des sciences, sous le titre suivant : « Recherches cliniques sur une espèce morbide nouvelle : l’atrophie musculaire avec transformation graisseuse. »
L’opportunité de cette découverte pour la poursuite des études
Cette découverte vint fort à propos pour me décider à poursuivre mes études électro-physiologiques, car cette singulière maladie, qui tantôt détruit partiellement un muscle, sans attaquer les muscles voisins, et tantôt s’étend plus ou moins, détruisant seulement les muscles des couches superficielles ou ceux des couches profondes; cette maladie, dis-je, était on ne peut plus propre à éclairer l’électro-physiologie musculaire par le contrôle de l’observation clinique. Elle me présentait, en effet, des espèces de préparations anatomiques faites, pour ainsi dire, de toutes pièces.
L’analyse des troubles de la synergie musculaire
C’est ainsi que par la destruction des muscles des couches superficielles, ceux des couches profondes devenues sous-cutanées se trouvaient accessibles à la faradisation localisée; et puis, comme dans cette affection les muscles intacts conservent leurs mouvements volontaires, il m’était facile d’analyser les troubles apportés dans la synergie musculaire par l’absence de muscles atrophiés. D’autres paralysies locales, les paralysies traumatiques des nerfs, et surtout la paralysie atrophique graisseuse de l’enfance, m’ont aussi offert un vaste champ d’observation, au point de vue de mes recherches physiologiques.
Résumé des recherches publiées et introduction à la puissance tonique
En résumé, avec le concours de ces faits cliniques observés dans toutes les régions du corps et sous les formes les plus variées, il m’a été possible de publier, dès 1851, plusieurs séries de recherches électro-physiologiques sur les fonctions des muscles moteurs de la main, de l’épaule, de la jambe, du pied, du diaphragme et de la face. C’est aussi à l’aide de l’observation clinique qu’il m’a été permis de continuer ces travaux, de les reproduire aujourd’hui enrichis et confirmés par des faits nouveaux, et de mener à bonne fin les recherches électro-physiologiques qui me restaient à faire sur les muscles d’autres régions. On sait que l’attitude des membres est placée sous la dépendance presque exclusive de la puissance tonique des muscles qui les mettent en mouvement. On peut se représenter les muscles qui environnent une articulation…
L’importance de la fonction tonique et des difformités
…ou un os mobile, comme autant de ressorts qui, pendant le repos musculaire, maintiennent le membre dans son attitude normale. Un de ces ressorts vient-il à faiblir, l’équilibre de ces forces toniques musculaires est rompu, et le membre est entraîné, d’une manière continue, dans des directions vicieuses. Il en résulte des difformités qui s’aggravent avec le temps et occasionnent des déformations articulaires et osseuses. J’ai étudié avec le plus grand soin cette fonction toute spéciale des muscles, fonction qui a été trop négligée, sinon méconnue. Les faits qui ressortent de ces recherches intéressent au plus haut degré la physiologie; sans la connaissance exacte de ces faits, il est impossible d’expliquer le mécanisme de certaines difformités ou déformations, d’en établir le diagnostic exact, et en conséquence de leur opposer un traitement rationnel, surtout par l’électrisation localisée.
Justification du titre et utilité de l’ouvrage
Les courtes considérations dans lesquelles je viens d’entrer justifient pleinement le titre de ce livre; elles font entrevoir son importance. Ai-je besoin de dire qu’un livre dans lequel la physiologie des mouvements volontaires est basée sur l’expérimentation électro-musculaire et sur l’observation clinique est incontestablement un livre utile? Il ne traite spécialement que des faits physiologiques, ou nouveaux ou incomplètement décrits, ou en contradiction avec ceux qui ont cours dans l’enseignement et dans la science; on verra qu’il est peu de muscles de la vie animale sur lesquels mes recherches n’aient jeté un jour nouveau.
Authenticité des faits et humilité de l’auteur
tant secondé dans mes recherches et qui font la gloire de la science et de l’enseignement. Ces faits sont donc authentiques, incontestables. Néanmoins je n’ose me flatter de les avoir toujours bien interprétés, quoique je n’aie rien écrit, sans une profonde conviction. S’il m’est arrivé de commettre quelques erreurs ou omissions, j’espère que mes lecteurs me tiendront compte de la difficulté du travail.
Citation de 1855 sur la méthode et la difficulté
En 1855, ayant à publier quelques études électro-physiologiques et cliniques sur les mouvements, j’écrivais : « Ma tâche est loin d’être accomplie, car il me reste à étudier bien des fonctions musculaires. Je pourrais, il est vrai, faire connaître dès aujourd’hui l’action propre de presque tous les muscles, d’après l’expérimentation directe ; je m’en garderai bien, car, — je ne saurais trop le redire, — l’expérimentation électro-physiologique seule ne peut rien apprendre, quant à leurs fonctions ; il lui faut le concours de l’observation clinique. On comprend combien il me faudra de temps et de peine pour recueillir des faits cliniques de cet ordre, assez complets et en assez grand nombre pour juger définitivement toutes ces questions physiologiques… Ma vie y suffira-t-elle ? Je l’espère, avec l’aide de Dieu… et de mes confrères (1). »
Conclusion de la préface et note bibliographique
Après dix ans de recherches continues, je serais heureux de pouvoir dire que ma tâche est terminée. (1) De l’électrisation localisée, et de son application à la physiologie, la pathologie et la thérapeutique, 1re édition, 1855 ; 2e édition, Paris, 1862.
Structure de l’ouvrage : Les deux premières parties
Ce livre est divisé en quatre parties. Les deux premières parties, consacrées à l’étude des mouvements du membre thoracique et du membre abdominal, traitent de l’action individuelle et des usages des muscles qui meuvent : 1° l’épaule, 2° le bras, 3° l’avant-bras, 4° la main, les doigts, le pouce, 5° la cuisse, 6° la jambe, le pied et les orteils.
La troisième partie et l’ajout de la quatrième
La troisième partie traite des mouvements de la respiration et de la colonne vertébro-crânienne. Ici finit l’étude de l’action musculaire dans la locomotion ; ici devait finir ce livre. Cependant MM. J. B. Baillière, mes éditeurs, ont pensé qu’il serait intéressant de rapprocher de cette étude mes recherches expérimentales sur la physiologie des muscles de la face, et d’exposer dans une quatrième partie les principaux faits généraux qui, en découlent ;
Utilité pratique et esthétique de la quatrième partie
j’ai cru qu’il y aurait utilité à présenter au praticien une analyse de ces recherches, qui, si utiles à l’esthétique (1), ont mis en lumière des faits anatomiques nouveaux, et sont applicables au diagnostic et au traitement rationnel des paralysies et des contractures partielles des muscles de la face. Paris, 31 décembre 1866. (1) Voyez Mécanisme de la physionomie humaine. Paris, 1862.



























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