Description
Imprégnez-vous de l’atelier mental de Giacometti avec le regard unique du poète Jacques Dupin
Sommaire
Un Essai sur la Quête Artistique de Giacometti
Ce livre est une méditation sur l’œuvre d’Alberto Giacometti. Jacques Dupin, poète et critique, y explore l’univers de l’artiste. Il ne s’agit pas d’une biographie chronologique. C’est plutôt une analyse philosophique et sensible. L’ouvrage plonge au cœur du processus créatif. Il cherche à saisir l’essence d’une démarche artistique unique. La réflexion est profonde et poétique.
Une Approche par les Textes
La première partie propose des clés de lecture. Dupin guide le regard du spectateur ou du lecteur. Il offre des textes pour “approcher” l’œuvre. Ces écrits préparent à une rencontre intime avec les sculptures. Ils décrivent la sensation première face aux figures de Giacometti. L’auteur évoque l’étrangeté et la présence troublante de ces formes. Son approche mêle l’analyse critique à l’expérience subjective.
L’Impossible Capture du Réel
Le chapitre central explore le paradoxe fondamental de Giacometti. L’artiste était obsédé par la représentation du réel. Mais plus il travaillait, plus la réalité semblait lui échapper. Cette quête d’une “réalité impossible” fut son moteur. Ses figures filiformes et vibrantes en sont le témoignage. Elles semblent à la fois présentes et sur le point de disparaître. Dupin analyse cette tension comme le cœur de l’œuvre. L’échec apparent devient la source de la puissance créatrice.
Le Travail comme Écriture Infinie
La dernière partie examine le processus créatif lui-même. Pour Giacometti, créer était un acte sans fin. Il reprenait sans cesse les mêmes têtes et les mêmes corps. Chaque œuvre était une étape dans une recherche éternelle. Dupin décrit cela comme une “écriture sans fin”. L’artiste ne cherchait pas un aboutissement ou une forme parfaite. Il cherchait l’intensité de l’acte de regarder et de modeler. Cette pratique obsessive définit son héritage majeur.
La Parole d’un Poète sur un Sculpteur
La force de ce livre vient de son auteur. Jacques Dupin était un grand poète contemporain de Giacometti. Son écriture est à la fois précise et évocatrice. Il ne théorise pas de manière froide. Il donne à sentir et à comprendre de l’intérieur. Ce dialogue entre poésie et sculpture est précieux. Il offre un accès privilégié à l’esprit de l’atelier.
Un Ouvrage de Référence sur la Création
Ce court essai est bien plus qu’une monographie. C’est une réflexion universelle sur l’acte de créer. Il parle de la ténacité face à l’insaisissable. Il évoque le doute comme composante essentielle de l’art. Pour toute personne intéressée par la création, ce texte est essentiel. Il dépasse le cas Giacometti pour toucher à une vérité humaine.
Caractéristiques
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Titre : Alberto Giacometti
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Auteur : Jacques Dupin
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Format : Broché
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Nombre de pages : 120
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Date de parution : 26 novembre 1999
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Éditeur : Farrago
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ISBN-13 : 9782844900197
Jacques Dupin, Alberto Giacometti
Envoi soigné et Déposé en 48h (jours ouvrables) Edition Farrago 14,1 x 19 x 1 cm 120 pages Dépot légal:1999 Bon état
Résumé
Textes pour une approche
Cette première partie présente des textes introductifs. Ils offrent des clés pour aborder l’œuvre de Giacometti. L’auteur, Jacques Dupin, guide le regard du lecteur. Il propose une méthode pour regarder ces sculptures si particulières. Ces textes préparent à une compréhension plus profonde. Ils décrivent l’impression première face aux œuvres. Ils parlent de la sensation d’étrangeté et de présence. L’approche est à la fois sensible et analytique.
La réalité impossible
Ce chapitre explore le rapport de Giacometti au réel. L’artiste cherchait à capturer la réalité vivante. Mais cette quête se heurtait à une difficulté constante. La réalité semblait toujours lui échapper. Plus il modelait ou dessinait, plus elle fuyait. Ce paradoxe est au cœur de son travail. Il a produit des figures allongées et fines. Ces figures semblent vibrer et se dissoudre dans l’espace. Elles incarnent cette réalité insaisissable. Le chapitre analyse cette tension fondamentale. L’impossible devient le moteur même de la création.
Une écriture sans fin
La dernière partie aborde le processus créatif de Giacometti. Son travail était un perpétuel recommencement. Il retravaillait sans cesse les mêmes figures. Il cherchait une forme toujours plus juste. Cette quête était sans fin et obsessionnelle. Elle ressemblait à une écriture infinie. Chaque sculpture ou dessin était une phrase. Une phrase dans un texte interminable sur le visible. L’artiste ne cherchait pas la perfection finale. Il cherchait l’intensité de la recherche elle-même. Cette pratique définit son héritage artistique majeur.
Table des matières
7… Textes pour une approche
79… La réalité impossible
91… Une écriture sans fin
Quatrième de couverture
Aucun artiste de ce temps n’aura interrogé la réalité avec autant d’insistance, de fureur et d’émerveillement qu’Alberto Giacometti. Seul, à contre-courant, il s’obstinait à faire poser le modèle dans le minuscule atelier poussiéreux où il travailla près de quarante ans. Même à l’époque où il paraît s’écarter de sa recherche exclusive, il la poursuit encore. Il y a brûlé ses yeux et sa vie. Il y a consacré toutes ses forces jusqu’à leur épuisement, en un combat de chaque instant, comme si d’une découverte, qu’il jugeait en même temps dérisoire et impossible, dépendaient le sens de sa vie, et le destin de l’Art.
J.D.
Avant-propos
L’œuvre comme présence totale et interrogative
Surgissement d’une présence séparée, toute œuvre de Giacometti se manifeste comme une totalité. Ou plutôt comme le mouvement et l’exigence d’une totalité. Laquelle n’attend plus que notre acquiescement pour être accomplie, achevée, et remise en question.
Si elle nous introduit, elle nous dépossède du même coup de nos instruments d’analyse et d’investigation. Il en va de même de notre questionnaire et de nos références. Elle décourage et ruine toute accession graduelle à sa connaissance. D’emblée elle nous subjugue par une sorte de commotion silencieuse. Elle nous tient, mais à distance, sous l’empreinte d’un regard d’une intensité presque insoutenable.
Si nous soutenons ce regard, si nous acceptons la fascination qu’il exerce, nous devenons le lieu d’une interrogation extrême. Elle même n’obtient d’autre réponse que l’ouverture en nous du même espace interrogatif et fasciné. Par ce mouvement de notre être, par cette adhésion inconditionnelle, nous donnons un sens. Il devient absolu, à la démarche du sculpteur, une issue, mais fictive, à son tourment, et un nouvel objet à sa soif de détruire.
Devenir figure : la transmutation du spectateur
Par ce mouvement nous acceptons d’être changés en personnages de Giacometti, c’est-à-dire en figures de l’inachèvement pétrifié, et nous rouvrons pour lui l’espace qu’il referme sur nous. De cette œuvre, qui rend une telle transmutation non seulement nécessaire mais possible, je ne puis parler qu’en étranger, tout au plus en complice qui se souvient mal, en victime bien décidée à entretenir le malentendu.
La parole, en effet, condamnée aux détours, tente désespérément de retrouver l’accès abrupt dont la nostalgie la ronge. De susciter l’espace singulièrement actif de cette œuvre en la poursuivant de plusieurs côtés, comme on reconstitue illusoirement l’unité d’une sculpture en multipliant les points d’observation. Dans sa poursuite morcelée elle passe dix fois par le même chemin tandis que certains lieux inexplicablement lui sont interdits. Trop proche de son objet, il la pétrifie et la consume; trop éloignée, elle se perd et se désagrège dans le dédale d’une attente sans commencement. Embarrassée dans ses contradictions, ses lacunes, son ressassement, elle ne laisse que les traces emmêlées d’une approche, les fragments épars, les débris les moins significants, épargnés par les flammes, d’un édifice imaginaire auquel il fallut renoncer.














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